Les oiseaux: petits trésors cachés du Palais Idéal

Les oiseaux au Palais Idéal (@F.Jouhanin)

Ce qui marque le plus dans le Palais idéal du facteur Cheval, c’est à la fois sa monumentalité mais aussi l’histoire de son créateur et j’avais envie de parler d’un élément bien plus discret qui peuple le bâtiment : les oiseaux.
En effet, le facteur Cheval a parsemé son œuvre de plusieurs nids d’oiseaux, présence très subtile et presque invisible qui relève de la poésie pure dès lors qu’on y prête attention.

L’un des premiers nids, un nid d’hirondelles, apparaît sous une voûte de la façade Est à proximité de la brouette du facteur. On en trouve plusieurs enchevêtrés dans les arbres que le facteur modèle sur les parois de la galerie. Bien moins secret mais tout aussi poétique, chacun peut admirer le majestueux volatile qui surplombe les sommets de la façade Nord. Un peu plus bas, bien plus discret, on remarque aussi un petit oiseau fait de métal et non loin de lui cette phrase du facteur Cheval « il m’a placé dans ce palais charmant où l’hirondelle reviendra chaque printemps ».


Partout, les oiseux font partie intégrante du décor

Au fur et à mesure de son parcours, le visiteur pourra voir un aigle, un coq, une autruche, un pélican, un flamand et le phénix des gallinacées dissimulé au milieu du jardin d’Eden. Dans son désir de partager ses connaissances du monde avec ses visiteurs, Ferdinand Cheval avait inscrit le nom de ces animaux sur ses sculptures ; pour autant d’autres restent anonymes dans ce foisonnement de sujets que constitue le Palais idéal. C’est le cas notamment de l’oiseau figure centrale de la Source de Vie ou des oisillons qui attendent leur envol sur une branche de la terrasse. Dans la galerie, le visiteur attentif pourra également découvrir deux oiseaux aux yeux saphir et un envol d’oiseaux bleus.
De temps en temps, de vrais nids viennent apparaître sur le Palais idéal et accompagnent cette nuée de volatiles figés dans la pierre par le facteur Cheval.

Cette phrase du facteur Cheval inscrite dans l’une des niches du Palais « au chant de l’alouette, le matin avec ma fidèle brouette je parcourrai les chemins », nous rappelle que dès le départ, les oiseaux ont été les compagnons de ce travailleur infatigable. C’est certainement ce qui amène Nils Tavernier a prêter ces mots au facteur dans son film : « Le vent et les oiseaux m’encouragent ».

Par ailleurs, la figure de l’oiseau dans le Palais idéal n’est pas sans rappeler celle du pigeon voyageur – oiseau messager – qui comme le facteur vient délivrer des messages après un long voyage. Pablo Picasso l’avait bien compris en rendant hommage au facteur Cheval, le représentant sous les traits d’une chimère au corps équin avec une tête de pigeon et une enveloppe dans le bec.

Le visiteur le plus attentif pourra également noter la présence d’autres figures ailées : des anges. L’un d’entre eux est désormais inaccessible aux visiteurs, caché dans la tour du petit génie dont l’accès est fermé au public depuis plus de vingt-cinq ans, sa présence invisible en fait l’un des trésors du Palais idéal du facteur Cheval.


Écrit par Frédéric Legros - directeur du Palais idéal